On a peine à imaginer que les bijoux en or que l’on voit quotidiennement dans les vitrines des bijouteries proviennent d’un matériau dont l’extraction est responsable des plus graves dégâts ; pourtant, tel est bien le cas.
Trois méthodes principales sont utilisées pour extraire l’or des minerais : la méthode gravitaire (séparation mécanique de l’or et des minerais en tenant compte de leur différence de densité), l’amalgamation (les minerais contenant de l’or sont mis en contact avec du mercure) et la cyanuration (les minerais sont plongés dans une solution diluée de cyanure de sodium). Ces deux dernières méthodes sont les plus largement utilisées ; or, nul besoin d’être chimiste pour deviner que le mercure et le cyanure sont des poisons extrêmement toxiques. Ils provoquent la destruction des forêts et la pollution des sols riches en or des pays en développement. En effet, les règles sanitaires de sécurité ne sont que trop rarement mises en œuvre par les multinationales possédant les mines : les « fuites » sont quotidiennes. Les nappes phréatiques et les sols pollués sont responsables de maladies graves telles que cancers, fausses couches, malformations congénitales, maladies respiratoires qui touchent les habitants, la faune et la flore locaux. Pour ne donner qu’un exemple, en Indonésie, la mine d’or appartenant à Freeport McMoRan déverse 120 000 tonnes de résidus pollués au cyanure dans les rivières alentours… quotidiennement.
Les populations locales n’ont pas leur mot à dire : leurs sites sacrés sont détruits et bien souvent, le pillage de leurs ressources est facilité par leurs élus qui se voient offrir des sommes coquettes par les entreprises et par les royalties versées aux états. Au Mali, l’exportation de l’or représente 75% des exportations du pays, mais 8% de son PIB ; le travail des enfants est monnaie courante. Dans certains cas, l’extrême pauvreté dont sont victimes les populations les incitent à se rallier, à leur détriment, aux entreprises qui leur offrent des emplois précaires, dangereux pour leur santé et sous-payés. Certaines d’entres elles, rendons-leur justice, tentent d’allier extraction aurifère et éthique, telle Cuatro Horas au Pérou. Mais ces pratiques sont extrêmement minoritaires, la pression des lobbys et la course au rendement étant plus fortes. En 2010, la résolution d’interdire le cyanure pour l’extraction de l’or dans l’UE votée par le parlement Européen a été rejetée par la Commission Européenne.
Peut-être est-il temps de revendre ses bijoux en or si l’on ne sait pas d’où ils proviennent… Vite, rendez-vous sur orpostal.fr !
